JOURNAL DE BORD – Jeudi 11 Août

 

LA BOUEE A PORT CROS….

Il y a ceux qui l’ont, et d’autres qui en cherchent une. Deux mondes qui s’opposent !

Ce matin à Port MAN, un petit clapot nous a tirés des limbes, indiquant au navigateur averti, l’arrivée d’un petit courant d’Est (Ce que m’avait soufflé la veille, il faut le reconnaitre, le Monsieur de METEOCONSULT dans mon Smartphone).

Fort de cette certitude et des connaissances pélagiques du plaisancier estival, nous nous approchions subrepticement  de la zone de mouillage réglementé sur corps morts (Bouées) de la crique de Port CROS (Port), dès dix heures du matin, heure fatidique où le voileux limité en réservoir, scrupuleux sur l’hygiène, et donc en manque d’eau, doit partir ravitailler sur le continent proche.

Bingo ! A notre entrée dans la calanque, trois places libérées nous offrent un choix confortable, vers la falaise au sud pour aller nager, en fond de baie pour une protection optimale du courant d’Est, ou proche du port et de ses deux petites pannes pour aller à terre de manière confortable, siroter un MOJITO ?

Le décor est planté. Nous avons le temps de déjeuner, faire les courses, une sieste…..C’est vers seize heure, dans des rafales d’Est un peu plus musclées que la pièce se joue.

Il y a le MGEN qui a tiré vingt bords, à la voile sans moteur, pour tenter de retrouver sa bouée du matin, ses réservoirs à flot. En vain, dépité il se repasse la fable du chat de la belette et du petit lapin….

Il y a les hargneux, chef de rayon chez DECATHLON contre profession libérale déterminée : Ils ont vu la même bouée se libérer au même moment et les deux équipiers d’avant, gaffe tendue vont essayer de reproduire le tournois fatal de ce pauvre Henry II. Le lâcheur de bouée lui détale pour sauver son navire et se désintéresse d’un combat qui ne saurait être le sien….

Il y a des tricheurs déjà arrimés qui soufflent : « Là, là, il y en a un qui part ! »

Et la majorité des nantis de mouillage, avachis au café qui commentent, conseillent, haranguent ou applaudissent à ce ballet nautique programmé.

Et puis il y a les retardataires chroniques mais futés, qui font le tour de la caste privilégiée des amarrés, pour demander « Vous passez la nuit à la bouée ? ». Ca me rappelle la BD de REISER quand Gros Dégueulasse fait le tour de la plage et demande « Dites, vous ne voudriez pas tirer un petit coup avec moi ? », à toutes les nanas vautrées sur le sable en topless.

Il fini par en trouver une qui ne l’insulte pas et accepte ! Suffit de passer un bout à la poupe de la victime, qui subit alors le pressing pour détaler avant l’heure prévue et voilà notre roublard installé. Les quinze autres benêts qui tournent toujours en vain, sont cramoisis de haine.

Moi, je passerai bien mes fins d’après midi à Port Cros pendant des semaines à observer ce microcosme en savourant ma DESPE glacée, dans la senteur des pins surchauffés et le ronronnement de mon dessalinisateur qui rempli tranquillement mes réservoirs d’eau à bloc…..

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