De K comme KALEIDOSCOPE à M comme MECANIQUE

 

Comme je descendais des fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs,

Des peaux Rouges criards, les avaient pris pour cible,

Les ayant cloués nus, aux poteaux de couleurs

 

Arthur RIMBAUD, Le bateau ivre

 

K Comme … Kaléidoscope

 

Le Petit Robert en donne pour définition : Petit instrument cylindrique, dont le fond est occupé par des fragments mobiles de verre coloré qui, en se réfléchissant sur un jeu de miroirs angulaires, produisent d’infinies combinaisons d’images aux multiples couleurs. Au figuré : Succession rapide et changeante d’impressions, de sensations.

Nous avons du  je crois, passer ces cent jours, la tête dans un kaléidoscope !….

Déjà la Corse, mainte fois visitée était une surprenante palette de couleurs : Les schistes verts du Cap, le porphyre rouge de la SCANDOLA,  le calcaire blanc de BONIFACIO, le granit rose des LAVEZZI, tout cela entrecoupé de plages de sable blanc comme à PALOMBAGGIA, ou noir comme celle de NONZA…

Ce tour de Méditerranée Italienne nous aura réservé les mêmes contrastes de couleurs fortes et changeantes de manière très soudaine, enrichis encore par des végétations plus luxuriantes, comme celles d’ISCHIA ou PROCIDIA ou par des mélanges incroyables de couleurs de roche, telles les falaises de PONZA qui ressemblent à des glaces « Tutti frutti » italiennes.

L’eau dans bien des cas est encore plus transparente et cristalline que celle des îles d’HYERES ou de nos calanques marseillaises. Il faut reconnaitre que la fréquentation y est souvent bien moindre !

La couleur des vins a été pour nous par contre beaucoup plus monochrome. Les blancs ont souvent de belles robes très pâles et sont bons, variés et abordables en coût sur toute la péninsule et ses îles. Leurs rouges rubis peuvent être fabuleux, ceux de TOSCANE, OMBRIE ou VENITIE…. Mais leur prix est vite dissuasif, comme ceux de nos grands Bourgognes. Quand à la couleur rosée et concernant les vins, il vaut mieux les oublier et remplir nos cales du côté du var et de la presqu’île de Saint Tropez !

S’il en existe de bons, nous les avons ratés. Pensez alors à nous en envoyer !

 

Sur chaque bouffée d’aurore

Sur la mer et sur les bateaux

Sur la montagne démente

J’écris ton nom, LIBERTE

 

Paul ELUARD

L CommeLiberté

 

Si la liberté consiste à se sentir bien et non contraint entre les impératifs que l’on s’est soit même fixés et ceux qui respectent la liberté des autres, alors nous nous sommes sentis parfaitement libres, mais cela changeait peu de nos libertés habituelles de jeunes retraités en bonne santé, vivant dans un pays démocratique (pourvu que cela dure !), entourés d’une famille épanouie et affectueuse, sans trop de difficultés de fin de mois….

Cette sensation d’extrême liberté serait donc un leurre qui occulterait les impératifs horaires ou de timing, de météorologie, de contrainte de bricolage, ménage, courses, rendez-vous à heure fixe dans des ports précis pour changer d’équipage, ou d’obligation de prudence pour notre propre sécurité ?

Notre ressenti en est très différent. Tout d’abord cela sort complètement d’une notion de quotidien répétitif et les contraintes apparentes (Obligation de faire route, suivi des règles de navigation…) deviennent alors de vrais plaisirs qui préparent d’autres plaisirs à venir encore bien plus grands : Découverte, réception de nouveaux amis….

Ces impératifs se placent dans un cadre que l’on a choisi et ardemment désiré, ils sont créatifs et ont attrait à une aventure dont on rêvait. Ils deviennent, sauf exception sécuritaire, moins rigides et sont finalement très malléables. Les Milles que l’on n’a pas envie de faire aujourd’hui, on les fera demain, ou on ne les fera pas. Il suffit de choisir si l’on veut se hâter un peu pour voir le maximum de choses ou bien flemmarder sans vrai impératif fixé pour le lendemain.

Le vrai luxe en mer réside en fait, dans la liberté des choix du Capitaine, pour être agréable à son équipage. A lui au besoin de persuader de l’intérêt d’une visite à terre par rapport au risque et aux désagréments d’une étape chahutée par une météo agressive, sans rien imposer que la sécurité réprouve.

La grande Liberté en bateau consiste dans les possibilités infinies d’organisation de son propre temps, respectant de manière instinctive nos rythmes circadiens bienfaiteurs, nos envies qui répondent quasi organiquement à nos réels besoins.

 

C’est au sens mécanique, qui est chez la plupart des hommes,

Que nous devons tous les Arts et nullement à la saine philosophie.

 

VOLTAIRE

M CommeMécanique

 

Sur un navire à moteur, c’est justement ce dernier qui peut vous priver totalement de toute liberté, voire vous mettre en situation précaire. Sans moteur sur un voilier et avec un équipage aguerrit, on rentrera par à peu près tous les temps, même en cumulant d’autres éventuelles avaries, sous gréement de fortune par exemple.

Un bateau à moteur(s) sans moteur, cela devient vite un radeau !

C’est dire que la contrainte mécanique sera importante. Il faudra y veiller dans le choix du bateau et de sa (Double) motorisation, de son état et de son parfait entretien, du périple raisonnable à effectuer, des pièces de rechange à prévoir sans délire, des conditions météorologiques à affronter et surtout du choix du mécanicien/préparateur que l’on aura fait et qui doit être bien plus qu’un technicien ; Un collaborateur, quasi un équipier qui se projettera lui-même dans l’aventure.

Avec ce dernier, il faudra parfaire ses connaissances concernant son propre bateau dans ses coins les plus intimes ! Connaitre les petites interventions élémentaires de bricolage et d’entretien, comme changer une turbine de refroidissement de groupe électrogène, réamorcer un diésel, nettoyer ses filtres à gasoil… Et envisager quelques situations d’urgence (Bout dans l’hélice, voie d’eau…) et les manières d’y remédier pour que la croisière ne vire pas rapidement au cauchemar.

En plus des quelques pièces courantes utiles (Courroies d’alternateur, fusibles…), il faudra bien sûr prévoir un stock adapté de tous les liquides nécessaires (Huile, graisse, eau distillée), sans oublier les éléments utiles pour l’annexe et son moteur (Trousse de réparation) en plus de la grosse trousse à outil achetée chez un bon Ship et enrichie de quelques outils plus spécifiques au bateau (Les vis du couvercle de la turbine de la pompe à eau du groupe électrogène, sont souvent des pas Américains de 5/8eme)

Il conviendra de respecter quelques rituels, avant chaque départ. Les miens font souvent sourire et s’apparentent un peu c’est vrai, à ceux de l’équipage d’un Boeing. N’empêche, ça rassure !

Ceux d’UGLIONE, ne sont pas sans intérêt non plus : « T’as pensé à recharger le frigo en rosé ?, combien il reste dans les cubis ? …

Quelques adresses et contacts utiles de temps en temps sur le trajet, finiront de sécuriser le capitaine au moyen court, avec le portable de son mécano préféré qui lui, tel Saint Bernardin « se couche tard et se lève matin ». Merci MARCO.

dauphins

 

Une réflexion sur “De K comme KALEIDOSCOPE à M comme MECANIQUE

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