De N, comme Nausées à P Comme Pétole

Il faut écrire au courant de la plume,

Sans chercher les mots….

Jean Paul SARTRE – LA NAUSEE

 

N     Comme….  Nausées

Les plus grands navigateurs, Kersauson, Pajot et Riguidel (Qui naviguent pas sur des cageots, ou sur des poubelles, air connu) ont parait-il tous connu le mal de mer.

De là à imaginer qu’en toute absence de la moindre nausée depuis que nous avons mis nos santiag’ sur un bateau, nous soyons de TRES grands navigateurs, il y a quelques milles à franchir, sur lesquels je ne m’aventurerai pas !

Je pense tout simplement, de part ma profession de kinésithérapeute, formé aux principales données de la rééducation ORL (Vertiges….), que nous ne sommes pas tous égaux au niveau de nos systèmes labyrinthiques. La preuve en est s’il en était besoin, ces maux (Mal des transports….) se rééduquent très bien, montrant les raisons organiques, personnelles de ce type de malédiction.

J’ai cependant été étonné, par certaines conditions de mer, de côté ou de grand largue (Trois quart arrière) ou dans certains mouillages vraiment chahutés, que personne ne présente la moindre envie de nous rendre toutes les bonnes choses servies un peu plus tôt lors du repas, à boire et à manger….

Près d’une trentaine d’organismes différents ont pourtant eu à subir le caractère défini comme « ROULEUR » des Trawlers en général. (Superstructures hautes, pas de quille….) et de notre TINTAMARRE en particulier, malgré les nombreux liquides divers, plus ou moins alcoolisés, pourtant entassés dans la cale, pour amoindrir la tendance !

Il doit y avoir eu un certain nombre de paramètres qui ont servi d’antidote à ce trouble fréquent, inconnu donc sur TINTAMARRE, j’en vois pour ma part quatre principaux :

  • Ne jamais voyager le ventre vide. Pas de risque, nous prévoyons un repas toutes les trois heures. C’est bon pour les bébés nous en avons fait une règle pour les adultes.
  • Ne jamais laisser son taux d’alcoolémie descendre au dessous de 0,5 g/l. Cela était facile à partir de l’apéro de midi jusqu’aux dernières libations nocturnes, le seul risque persistait entre le petit déjeuner de 10h et l’apéro de midi. Pour cela UGLIONE a enfin admis la nécessité d’abaisser l’heure de la prise de la première bière de 11h à 10h et demi….
  • Ne jamais dormir moins de 9h la nuit, malgré notre sieste habituelle de trois heures
  • Rire énormément, il est évident pour qui a un minimum de connaissances médicales que les soubresauts alternés des muscles abdominaux induisent sur le diaphragme lors de leur relâchement, un mouvement de bas en haut et inversement qui va masser l’aorte abdominale, créant ainsi une amélioration des flux circulatoires influençant l’efficacité du système porte, qui a quelque chose à voir avec la digestion, même les plus calés vous le confirmeront…

Je vais probablement publier prochainement là-dessus ! Il n’empêche que la stoïcité d’UGLIONE à lire dans la houle, à cuisiner dans les vagues, reste un défit constant à la physiologie hépato-bilaire…..

 

 

Du parfait oubli d’hier,

Je crée la nouveauté de chaque heure

André GIDE – L’IMMORALISTE

 

O Comme  Oubli

Plein de gens partent (Ou boivent) pour oublier !

Ce n’est pas notre cas…. On avait déjà oublié en cours de route les quelques emmerdements qui émaillent la vie de tout un chacun pour ne conserver à priori que ce à quoi l’on tient : Nos amis, notre famille, nos principes et nos envies, que nous nous efforçons de juguler le moins possible.

Partir pour oublier, c’est s’enfuir. Une tentative forcément désespérée qui ne peut qu’échouer, on traine obligatoirement ses ennuis et ses contradictions collés sous ses chaussures.

Quand au taux d’alcoolémie souvent cité et quelque peut exagéré, nous devons  reconnaitre sur la question, que le principe sacro-saint de ne consommer que de l’eau en semaine a été complètement bafoué sur ce voyage.

Nous avions pour cela un motif en tungstène, il n’y avait plus de semaine, nous ne vivions plus qu’en weekend, avec une bande de joyeux drilles faciles à rallier à notre religion.

Pour être tout à fait honnêtes, au bout de trois mois et demi nous avions tout de même un peu oublié, la morosité des courses en super marché, la performance de diverses administrations pour vous remplir à dégueuler une énorme boite aux lettres en moins de 100 Jours, le vide sidéral des programmes télé, la fatuité impériale de nos hommes politiques de tout bord à qui nos journalistes servent la soupe…..

Pas besoin de rééducation. On s’y refait très vite.

 

Ce toit tranquille où marchent les colombes,

Entre les toits scintille entre les tombes

Guillaume APOLLINAIRE – LE CIMETIERE MARIN

 

P Comme…..  Pétole

J’avais intuitivement compris depuis quelques années du côté du FRIOUL ou de la COTE BLEUE, que le bateau à voile n’était pas l’embarcation idéale pour se rendre sur l’eau, d’un point à un autre….

Où que l’on veuille aller, on a Eole dans le pif et l’on se tape trois fois le trajet en tirant des bords carrés. Quatre fois la fatigue. 90% des voileux traversent vers la Corse au moteur, en attendant l’apparition aléatoire de brises thermiques qui se manifestent au mieux à quelques milles de la REVELLATA, sauf à se faire brasser en partant dans une queue de Mistral !

Les constructeurs ne s’y sont pas trompés. Ils équipent leurs fins navires de moteurs de plus en plus gros, avec d’énormes culs qui ne supportent plus que les allures portantes et privilégient l’habitabilité au mouillage (Je vais encore me faire des potes aux GLENANS)

La navigation aux Antilles avec un alizé établi justifie par contre ce choix. On y trouve surtout d’ailleurs des catamarans pour bien vivre au mouillage….

Les vrais voileux me font penser aux surfeurs qui guettent la vague pour aller en découdre. On les voit sortir au-delà de 25 Nœuds de vents pour aller virer PLANIER, s’arracher les mains sur les écoutes et revenir blanc de sel.

Peu sont de vrais voyageurs ou ceux qui le revendiquent sont souvent tenus par des questions financières d’achat ou d’entretien de bateau à moteur et de prix de carburant.

Nous avons été étonnés du nombre d’équipage reçus sur TINTAMARRE qui rêvent de franchir le pas en passant au Trawler, après plus de trente années de voile. Ce fut d’ailleurs notre propre évolution, grâce à la diffusion croissante de ce type de bateau qui nous a sortis de la « cave » et préserve désormais nos articulations !

L’argument principal, indémontable, est qu’en voilier, on arrive toujours à rentrer quelque part. En panne de moteur cela est plus critique, mais nous en avons deux….

Car loin du FRIOUL et de LA COTE BLEUE, Eole est bien le même sur toute la Méditerranée. Soit il roupille et c’est Pétole, soit il se réveille et alors il souffle corne cul qui vous fait rester bien sagement au port. Au pire il vous surprend et il est confortable de rejoindre un abri à une allure de 15/20 nœuds d’un grand coup de moteurs au lieu de tirer des bords à cinq nœuds, multipliant ainsi par cinq ou six les délais de mise en sécurité (S’il reste de la place !?)

Le périple s’est donc déroulé à quatre vingt dix pour cent par mer quasi plate. Le reste du temps, 2j à BAULIEU, 4j à PORTO VENERE, 4j à TRAPANI, 2j à BONIFACIO, soit une douzaine de jours en tout (Environ 10% du temps), TINTAMMARE était planqué derrière sa digue et nous promenions nous à terre, en petit train, tricycle, vélo. J’avais laissé ma trottinette électrique, fabuleuse mais un peu lourde, à la maison.

taormine-etna

Une réflexion sur “De N, comme Nausées à P Comme Pétole

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