De Q, comme Quotidien à S, comme Service….

 

Pourquoi le Quotidien tuerait-il l’amour,

Puisque précisément l’amour ne se vit qu’au Quotidien

 

Erwan LARHER – L’ABANDON DU MALE EN MILIEU HOSTILE

 

 

Q Comme…..  Quotidien

Partir en bateau pour fuir le quotidien ?

C’est du même tonneau que partir pour oublier !

La vie, sur terre ou sur mer, c’est 90% de quotidien. Celui que l’on s’est choisi.

Il ne faut pas imaginer que chaque moment soit une surprise, chaque attitude un délire, chaque découverte une féerie.

Ou alors on est un inconscient qui découvre un bateau, le domaine maritime, un périple inconnu et qui va improviser, s’émerveiller quelques fois peut-être avant de poser sa quille quelque part, sur un vilain rocher.

Le voyage, c’est du quotidien que l’on a cent fois la possibilité d’enjoliver, surement pas une rupture, sauf professionnelle et temporaire pour ceux et celles qui ont encore une activité de ce type et encore, chacun le vivra au travers de sa formation habituelle : notre chirurgien découpera le poison, notre commerciale en négociera le prix !

L’être humain a besoin de continuité et d’attaches, tous les équipages croisés qui avaient l’air heureux semblaient en posséder de solides, aucun n’étaient en fuite d’une situation avec laquelle ils avaient rompu.

Le quotidien est fait de rythmes dont l’humain a besoin. Ce sont les plus naturels en mer qui reprennent le dessus : il fait jour, je me lève ; il fait nuit, je me couche ; j’ai sommeil, je dors ; je communiquerai bien avec la petite anglaise du bateau d’à côté, je m’inscris à ENGLISCH INSTITUTE à la rentrée !

 

Et puis est retourné, plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Joachim DU BELLAY – HEUREUX QUI COMME ULYSSE

 

R Comme…..  Retour

Le retour est donc difficile ?

Oui et Non !

NON, parce que rien n’a vraiment été rompu dans cette aventure, que cette étape RETOUR avait été programmée, riche en de nouveaux projets et parce que nous n’avions pas à retrouver de monstres ou de chimère que nous aurions fui.

NON, dans la mesure où nous avions le sentiment d’avoir satisfait la plupart de nos envies du départ et réalisé un périple programmé avec plus de bonnes que de mauvaises surprises.

NON, car notre retour n’était pas une rentrée dans une ambiance figée, mais l’envie de regagner notre base pour échafauder d’autres projets, épuiser « La liste de nos envies », après les aurores boréales en LAPONI, la TRAVIATTA à la FENICE, CUBA avant l’arrivée massive des américains…..

OUI, puisque malgré la participation active de notre entourage, nous avons du traiter à notre retour un demi mètre cube de courrier, dont au moins les trois quart inutiles. Le reste avait déjà éliminé pourtant à 80%, cela représente beaucoup d’arbres abattus pour pas grand-chose.

OUI, quelques heures, pour se réhabituer aux bruits urbains et aux contraintes terrestres de circulation, finir de rééquilibrer nos comptes bancaires, et répondre aux mêmes questions….

OUI, pour retrouver un sommeil normal sur un rythme qui n’était plus le notre et auquel il faut se réhabituer désormais lentement, bien que subissant dans notre situation vraiment très peu de contraintes !

OUI, pour être obligés de rentrer dans nos chaussures fermées, nos jeans qui ont du rétrécir ( !) et écouter les nouvelles désolantes débitées par PUJADAS….

Dans l’ensemble et dans ces conditions, notre retour temporaire en ce monde de brutes se passe assez bien.

 

Celui qui a rendu un service doit se taire,

C’est à celui qui l’a reçu d’en parler

SENEQUE

 

S  Comme  Service

Le Service nous semble indissociable du niveau de savoir vivre d’une population, de son niveau d’implantation dans un site, de sa culture et de son envie de la partager.

On ne pourra pas généraliser de manière outrancière notre analyse et notre ressenti, car notre voyage nous a conduit sur des lieux souvent privilégiés. Notre moyen de locomotion a forcément influé sur les rapports privilégiés que nous avons pu avoir localement avec les habitants, comme avec les touristes navigateurs.

Nous partions avec un à priori très positif qui est un paramètre de plus pour supprimer les barrières éventuelles avec les habitants du cru et enfin nous comprenions parfaitement leur langue pour la parler à peu près.

Notre analyse serait probablement différente si un train de banlieue nous avait conduits vers les quartiers déshérités de Rome ou de Naples, mais ce n’était pas le thème de ce périple.

L’Italie reste cependant l’un des pays d’Europe qui aura le mieux su conserver son petit commerce, artisans et commerçants qui constituent bien le tissu économique de la citée, encore de nos jours.

Même Venise, que l’on accuse à juste titre de devenir une ville musée, a pu conserver ses nombreux petits commerces de bouche, protégée c’est vrai par sa géographie quasi insulaire.

Les ports visités présentent ces mêmes caractéristiques et il faut faire souvent de nombreux kilomètres pour trouver une grande surface, utile pour refaire les pleins complets du bateau. Partout ailleurs à proximité de petits commerces très spécialisés foisonnent, les pâtes fraîches se fabriquent devant vous dans de petites échoppes, on peut encore se faire raser chez le barbier…

Tout ce petit monde est son propre maître, il attire le chaland par son accueil, la qualité et le prix de ses produits, sa convivialité proverbiale, le temps passé avec chaque client, local ou de passage.

En dehors des grandes marinas, il en est de même pour tous les autres ports où quelques pannes ont été données en gestion à des privés qui rivalisent d’ingéniosité et de raffinement pour accueillir le plaisancier et prendre leurs amarres.

Certains viennent vous accueillir bien au-delà de la jetée, vous proposent de prendre les commandes, pour amener vôtre 42 pieds en un endroit privilégié où vous n’auriez pas osé entrer en Zodiac. Il vous incite avec humour à ne toucher à rien, l’assistant passe et règle les amarres, vous installe un tuyau d’eau blanc immaculé, vous passe une brochure du coin, le plan de la ville, les bonnes adresses.

Le ponton est fleuri, gardé jour et nuit, le service permanent. Les tarifs n’ont rien de plus abusifs que les ports de la côte ou de Corse, gérés par les municipalités qui y placent leur gamin qui n’en a rien à faire, pour la durée de l’été.

L’analyse semble un peu dure et partiale, elle se vérifiera pourtant tout au long des trois mille kilomètres de voyage, plus de quatre vingt ports visités dont soixante dix en Italie !

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