CHRONIQUE DE PORQUEROLLES….

 

CHRONIQUE DE PORQUEROLLES

 

Difficile de trainer dans les iles d’Hyères, sans revenir un peu vers son vaisseau Amiral : PORQUEROLLES.

Tout est singulier dans cette île, offerte par un amoureux François FOURNIER, à sa belle au dix neuvième siècle (1912). Pour le même prix, il eut le choix entre un petit yacht à moteur ou l’île. Il fit le bon choix et l’ancien chercheur d’or enrichit ce bout de terre avec un système original de coopérative, où chacun récoltait le fruit de son travail, selon son mérite, selon ses besoins (Lire l‘HOMME DE PORQUEROLLES, de William LURET, Editions  JC LATTES, 1996)

Son histoire elle-même et une part de chance (Pour l’instant !), ont protégé ce joyau des appétits immobiliers et du ravage des flammes qui pourraient causer un véritable désastre dans l’immense pinède de superbes pins parasols.

Mais PORQUEROLLES n’a pu se protéger de tout. En premier lieu, bien évidement de sa célébrité. « L’INDIEN », qui jadis louait quelques bicyclettes est devenu une institution, copiée et dupliquée par de nombreux concurrents. Les loueurs de bateaux ont suivi, d’Hyères, de Bormes, du Lavandou pour suppléer au trafic des vedettes saturé malgré le nombre de navettes de Mai à septembre. Le nombre, on le constate toujours, n’engendre pas le civisme, le respect du lieu, l’implication des acteurs locaux qui, quoiqu’ils fassent, sont garantis de faire un carton plein de recette, sans pouvoir même assumer la totalité du marché…

Le plaisancier a du s’adapter à cette évolution. Par plaisancier, je ne considère pas que la grosse vedette de plus de cinquante pieds (Rare à Porquerolles), mais surtout toutes les petites unités, voiliers de sept ou huit mètres, amoureux de la mer, qui observent et regrettent une évolution que n’aurait pas souhaité François FOURNIER pour son île.

Ainsi lee Capitaine de tout navire, doit se présenter le matin à sept heures (Bonjour la grasse mat’), pour retirer un numéro qui lui permettra… de revenir à dix heures, faire la queue (Deux heures hier), pour obtenir une hypothétique place à quai, sensée se libérer sur le coup des dix sept heures.

Prévoir ensuite quelques obligations (Courses, essence….), en fonction des résultats de l’attente et c’est la moitié de la journée qui passe en corvées diverses, réalisées avec la prudence requise, pour éviter les trois mille vélos de loc’ qui sprintent dans toute la ville et sur les principaux chemins, aux mains d’une faune colorée, cramée de soleil. Le Wheeling (Circulation sur la roue arrière) est devenu le standard des ados. La traumatologie sur l’île a progressé de 400%….

Même chose sur le port. Par convention avec les loueurs de petites unités du continent proche, le port est gratuit pour eux, toute la journée jusqu’à 16 heures ( ?). Au retour de ceux qui ont fait quatre heure de queue le matin et payé le prix fort pour obtenir une place (Sans eau, ni électricité, ni wifi), à compter de 16 heures, les postes ne sont pas libérées et les bateaux tournent sur un espace très restreint. Avec deux heures de retard, les locataires arrivent enfin, peu scrupuleux du respect de l’avantage consenti, pour libérer la place. Ils trainent, boivent une nième bibine histoire de montrer combien ils emmerdent le nanti qui a payé son droit ; Les mots d’oiseaux fusent. Ils sont quinze sur un zodiac prévu pour six (Avec donc, la sécurité pour six !), l’histoire vire aux « Vacances de BERURIER. Quinze bobs HENNEKEN contre deux chemisettes LACOSTE, le combat semble quelque peu inégal….

Un équipage Italien excédé fait le forcing pour rentrer sur sa panne, au milieu de ce cirque. Deux bateaux manœuvrant vont se heurter, un équipier, à l’encontre de toutes les règles de prudence, interpose un pied malgré mes hurlements. Le tableau arrière est maculé de sang avant même que j’arrive avec la plus grosse de nos trousses de pharmacie. Tout le dessous du pied est arraché, vue imprenable sur le calcanéum scalpé et les métatarsiens. Désinfection sommaire, compression, mise en sécurité du blessé… Rapidement les pompiers arrivent, quelques médecins vacanciers, évacuation vers Hyères, puis Toulon. Le résultat annoncé d’un grand bordel inorganisé ne se fait guère attendre, les urgentistes retournent vers le village recoudre les chevilles des promeneurs, déchirées à grand coup de pédale.

Pourtant la belle reste attirante, hors saison ou le soir, place de l’église, où l’on tape la pétanque, à moins qu’un orchestre tranquille anime un début de Baletti bon enfant. Les gamins vendent leurs bracelets confectionnés du matin, en suçant des sorbets roses et bleus (Goût SCHTROUMF-MALABAR !), le long de la rue principale, la plupart des vélos ont été rendus, dépoussiérés, près à participer à la corrida du lendemain….

On approche du vingt Aout, dans l’attente d’un gros coup de Mistral. Moins d’une semaine et le gros de la troupe sera partie, l’ambiance sur les pannes changera. L’intendance du port pourra peut être alors réparer les pendilles coupées par les hélices, les quais défoncés par les manœuvres hasardeuses, électrifier la panne FBis qui en rêve depuis plus de dix ans, changer son logiciel de distribution des postes à quai, installer le wifi….

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