UN HAVRE DE PAIX, Samedi 07 Juillet

 

 

UN HAVRE DE PAIX….

Comme les vents puissants qui balayent l’Atlantique, la houle dominante dans les Pontines vient de l’Ouest. En arrivant de Ponza, on est souvent chahuté par une méchante mer qui s’aplanit dès que l’on passe la pointe Eola, bien nommée. C’est sur une mer plate, juste irisée de quelques bourrasques restantes, que l’on peut embouquer le boyau mythique du vieux port des galères.

Rares, sont les endroits chargés d’une aussi lourde histoire, qui font oublier les frasques des hommes au cours d’une histoire riche en violences diverses, sur le pourtour de la Méditerranée. Ici pourtant les esclaves ont creusé la roche pour en sortir un port, dans le seul but d’y exiler Julia, fille de l’empereur César Auguste. Lassé en effet de ses mœurs adultères, il préféra l’éloigner des commérages de Rome. Elle y fit construire une villa somptueuse pour continuer d’y régaler ses nombreux amants. Néron, y exila ensuite sa propre épouse Octavie, à la demande de sa maitresse Poppée Sabine…. Pour la contenter tout à fait, il lui fit finalement couper la tête pour la présenter à Poppée.

Les Bourbons la colonisèrent (pas à coups d’éventail !), puis Mussolini y enferma (en face sur San Stefano), quelques 700 communistes, antifascistes, la plupart y moururent. Aujourd’hui, le touristes excité la visitent avec volupté…

Malgré tout cela, une fois entrés dans cette grosse piscine taillée dans le roc, et passé l’angoisse légitime de racler sur la roche, l’ambiance Zen immédiatement vous enveloppe. Les quelques maisons colorées en amphithéâtre sur le port romain cachent un incroyable village qu’escaladent ruelles et escaliers. Les places s’enchainent, les petits commerces, les musées, les adorables petits bistrots où l’on grignote, Foccacia, insalata di polpi…. Une vraie vie, avec la passegiatta du soir, où la vie quitte le port pour monter dans le village.

Une estrade se monte sur la grand ‘place, ce soir il y aura baletti… Demain matin je monterai à la Pasticceria, chercher les croissants fourrés à la confiture d’abricot. Partout ailleurs, je hais la confiture d’abricot, pas là.

Bien sûr, comme des gros cons de touristes on va trouver un truc pour râler ! Quel est l’abruti qui a mis au pied du quai, ce gros rebord en pierre qui menace le cul de Tintamarre dans le ressac ? Puis on se souvient : cette petite plateforme sous l’eau, accueillait les esclaves, immergés jusqu’aux hanches pour débarquer la cargaison des galères. Alors on boit un petit coup de blanc local à leur souvenir, en remerciant qui de droit de nous avoir fait plutôt équipiers d’un Trawler adoré, que d’un bagne à cinquante rameurs….

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