ET SI ON RESTAIT A VENTOTENE… Dimanche 28 Juillet 2019

 

VENTO PORT DU HAUT

ET SI ON RESTAIT A VENTOTENE ?!…..

On louerait la petite maison blanche (la casa di don Fortunato !), accrochée la haut sur le rocher.

De là, on domine le port et l’on observerait Tintamarre, tirer sans convictions sur ses amarres, dans le petit bassin bleue, creusée jadis par les esclaves.

Du fond d’un coffre oublié, j’aurais ressorti mes aquarelles, pour aller peindre la mer en furie, de gris de Payne, de l’autre côté du cap, tout au fond du jardin. Il exhalerait des senteurs de plumbago, d’hibiscus, de bougainvilliers, que je tenterais de retrouver au sein de ma palette. Je m’en servirais, les jours de grand beau, pour jeter sur le papier d’Arches, ces couleurs océanes, rochers noirs, dégradés de bleus, Outremer et Cobalt, Cadmium pour imager la transparence des gros blocs et de leurs concrétions, dans une eau cristalline, petite voile au fond, qui glisse à la gite sur l’onde…

Le matin, avec la trottinette électrique qui aurait enfin retrouvé tout son usage, je monterais silencieusement à l’assaut des ruelles encore vides, pour aller « Al Forno », prendre de délicieux croissants fourrés à l’abricot et couverts d’amandes effilées et grillées. Toute la ruelle embaume de leur odeur qui dévale jusqu’au port et m’a tiré des limbes.

Sur la grand ‘place, la libraire du minuscule village installe déjà son incroyable échoppe digne de nos ville moyennes. Dans la soirée, toute une ribambelle d’enfants sages, viendront s’asseoir par terre, dans l’arrière boutique, pour dévorer quelques BD, sous l’œil attendri de la patrone.

Dehors, un  écriteau sûrement inutile, rappelle aux trois triporteurs de l’île : « ATTENZIONE RALLENTARE, in questo paese, i bambini giocano ancora per la strada » (Attention ralentir, dans ce village, les enfants jouent ENCORE dans la rue !).

Après la sieste, nous irions nous tremper, de l’autre côté de la digue, dans la piscine creusée dans le tuf pour Octavia, la femme de Néron. Pendant ce temps là, l’Empereur menait grande vie à Rome et sa maitresse Poppée Sabine, finit par demander la tête de la baigneuse. Elle lui fut apportée, sans désemparer ! Autres temps, autres mœurs…

Du haut du chemin de ronde, nous observerions à nos pieds, le jeu des parasols de couleurs, en contraste avec le sable noir, les baigneuses qui y ont assorti leur maillot. Puis nous ferions une pause « Al Giardino », sur la terrasse sur les toits, où les couleurs pastel tranchent avec le ciel qui se confond avec la mer. Les habitants y laissent toujours deux chaises longues, pour s’y rafraichir, avant la « passegiatta ».

De temps à autre, abandonnant Tintamarre sur son quai, nous prendrions le ferry, pour une escapade à Ischia, Procida ou Ponza toutes proches, avant de retrouver notre île et sa sérénité.

Mais le gros courant d’ouest qui fait gronder la mer au dehors, dans des creux de plus de deux mètres va mollir. Demain, nous reprendrons notre périple, vers les Pontines du Nord, les Toscanes Giglio, Elbe et Capraia. Nous serons bercés par une longue houle, les yeux longtemps rivés sur le clocher rosé de Ventotène, les narines encore remplies des odeurs de croissants chauds….

3 PARASOLS  ATTENZIONE RALLENTARE  BAIGNEUSES  PISCINE VENTOTENE

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